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Le Pérou insolite

Anecdotes sur le Pérou

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"C'est pas le Pérou"
cajamarca

L’or et l’argent provenant de l’eldorado Pérou a fait rêver l’Europe pendant des siècles. Au XVIe siècle, le conquistador Francisco Pizarro capture par ruse l’Inca Atahualpa et ce dernier offre une rançon pour sa libération: une chambre remplie une fois d’or et deux fois d’argent, ce qui n’a pas empêché Pizarro de faire garroter le roi quelques mois plus tard.

La fabuleuse rançon, plus de 6 tonnes d’or et 12 tonnes d’argent, correspondant en valeur actuelle à plus de 300 millions de dollars ou 240 millions d'euros et considérée comme la rançon la plus importante de l'histoire de l'humanité, est ramenée en Espagne et le mot "Pérou" devient alors un synonyme de trésor ou fortune. Par la suite, l’expression « c’est le Pérou » est utilisée pour désigner une bonne affaire (« vale un Perú » en Espagne).

L'expédition du Kon-Tiki

Plusieurs chroniqueurs à l’époque de la conquête comme Pedro Sarmiento de Gamboa, racontent que l’Inca Túpac Yupanqui le fils de Pachacútec, embarque avec 20.000 hommes depuis la côte actuelle de l’Equateur dans des barques en balsa.

Ils auraient atteint les îles Huaga Chumbi et Nina Chumbi (actuelles Galapagos) à 972 km des côtes, puis les îles Tuamotu (actuellement en Polynésie française) à 6.800 km (3.770 milles nautiques).

expedition sur le pacifique

L’explorateur anthropologue norvégien Thor Heyerdahl, à l’appui de ces écrits, veut vérifier la théorie selon laquelle les iles du Pacifique sud ont pu être peuplées par des hommes venus des Andes. Il organise une expédition en 1947 depuis le port du Callao à Lima avec un bateau en balsa semblable à ceux des illustrations laissées par les conquistadors et réussit la traversée avec 5 assistants, parcourant près de 7.000 km en 101 jours jusqu’à l’île de Raoia dans l’archipel de Tuamotu. Sa théorie est contestée par plusieurs scientifiques, mais il reste les écrits illustrés des conquistadors.

Fleuve Amazone
le plus grand fleuve au monde

Deux expéditions scientifiques internationales, l’une dirigée par l’explorateur polonais Palkiewicz en 1996 et l’autre par l’IGN du Pérou et du Brésil en 2006 ont pu déterminer avec exactitude la source de l’Amazone dans le glacier Quehuisha (5.150 m) dans la Quebrada Apacheta près du mont Mismi (Cañon de Colca – Arequipa).

Ces recherches ont permis de recalculer la longueur du fleuve et avec 7.062 km il dépasse de près de 400 km le Nil considéré auparavant comme le plus long du monde. 

Le fleuve Amazone est non seulement le plus grand fleuve de la planète, mais il est également celui qui possède le plus grand débit, avec une moyenne de 209,000 m3 / secondes, plus important que les 7 autres fleuves au plus grand débit réunis (Congo, Ganges, Orénoque, Madeira, Yang Tzé, Negro et Rio de la Plata). L'Amazone est responsable du déversement mondial d'environ 20% d'eau douce dans les océans.

Comme la plupart des fleuves au Pérou, il change de nom en fonction des régions traversées. Ainsi, il s’appelle Apurimac à sa source, puis Ene, Tambo, Ucayali et enfin prend le nom d’Amazone à Iquitos au nord du pays.

La Périchole

La Perricholi, de son vrai nom María Michaela Villegas y Hurtado (1748 – 1819), est une liménienne de condition modeste, devenue une actrice célèbre de l’époque et connue pour sa relation scandaleuse avec le sexagénaire vice-roi du Pérou Manuel Amat y Juniet qui réalisa plusieurs constructions grandioses en son honneur comme la Alameda de los Descalzos et le Paseo de aguas. Son surnom qui n’a rien de romantique, lui a été donné par la haute société qui n’appréciait guère cette métisse arriviste. On parlait d’elle comme la « perra chola », littéralement la « pute indienne », une insulte devenue plus civilisée en se transformant par perricholi.

limenienne

Son histoire a inspiré de nombreux écrivains, films et pièces de théâtre comme la nouvelle de Prosper Mérimée « le carrosse du Saint Sacrement » qui sera porté au théâtre avec le célèbre opéra-bouffe d’Offenbach La Périchole en 1868 et au cinéma avec « Le carrosse d’or » de Jean Renoir en 1953, le livre de Thornton Wilder « Le pont du roi Saint Louis » qui reçut 3 prix Pulitzer et dont 3 films ont été réalisés, le dernier en date est de 2004 avec Robert De Niro et Géraldine Chaplin.

Santa Rosa de Lima

(1586 – 1617) Elle est la première et plus importante sainte d’Amérique, patronne de Lima, du Pérou, du Nouveau Monde, des Philippines, de la police nationale péruvienne et de l’armée argentine et paraguayenne. Dévote depuis sa plus tendre jeunesse, elle avait pour vocation d’aider son prochain. En 1615, une flotte de corsaires hollandais s’apprêtait à attaquer Lima provoquant la fuite de nombreux habitants. On doit alors à Rosa le miracle de la mort mystérieuse du capitaine hollandais grâce à ses prières, sauvant ainsi la capitale.

billet de 200 soles

Elle apparait aujourd’hui sur le billet de 200 soles, est fêtée dans de nombreux pays le 30 août (le 23 en Espagne), déclaré jour férié au Pérou au cours duquel les fidèles vont déposer leurs vœux écrits dans un puits situé dans le sanctuaire de Santa Rosa de Lima.

Las Tapadas - Les Voilées

Les liméniennes voilées du XVIe au XIXe siècle sont devenues paradoxalement le symbole de la libération féminine dans le monde comme le remarquait Flora Tristan, la féministe franco-péruvienne; voilées certes, mais libres de se promener seules, provoquant la ferveur religieuse de l’époque.

Comportement adopté au début par les femmes métisses de la bonne société, elles portaient la saya, une jupe longue qui moulait les hanches au contraire des robes de l’époque très amples et le manto, un châle de soie qui recouvrait la tête et le visage à l’exception d’un œil. Ainsi vêtues, elles échappaient à la vigilance de l’homme, dissimulaient leur identité, race, âge et se permettaient de nombreuses libertés, comme flirter dans l’anonymat le plus complet, ce qui occasionnait parfois des confusions; Un homme pouvait donc courtiser sa propre épouse, belle-mère, fille ou cousine sans le savoir. L’église a souvent tenté de faire interdire cette pratique sans succès et la vice-royauté s’est contentée de la tolérer pendant 3 siècles.

femmes voilees
Les récompenses du folklore péruvien

Deux danses de la Cordillère centrale ont été inscrites au Patrimoine Mondial de l’Humanité en 2010:

Danza de las Tijeras

La danse des ciseaux où de jeunes garçons aux costumes colorés et manipulant continuellement de gros ciseaux rivalisent en prouesses et acrobaties sur une musique très rythmée, dont le hip-hop actuel ressemble étrangement. 

Huaconada

Les hommes appelés huacones, sont déguisés avec des masques aux nez proéminents évoquant le bec du condor, dansent en sautillant et se fouettent entre eux.

Festival de la Virgen de la Candelaria

Cette fête en honneur à la patronne de la ville de Puno, a été déclarée comme Patrimoine Immatériel de l'Humanité en novembre 2014 par l'Unesco.

Le festival se déroule sur deux semaines fin janvier / début février, auquel participent 170 groupes folkloriques de toute la région avec 40.000 danseurs et musiciens, combinant les rites religieux et la tradition musicale, danses et artisanat propres aux cultures quechua, aymara et métis de l'altiplano andin. Le spectacle haut en couleurs propose de nombreuses "danses aux habits de lumières" souvent agrémentés de masques extravagants.

Ce festival est l'un des 3 plus importants en Amérique Latine avec le Carnaval de Rio et le Carnaval d'Oruro en Bolivie.

Valse créole ou valse péruvienne

C’est une adaptation de la valse européenne au rythme rapide accompagnée par la guitare et le cajón (caisse en bois). Célèbre dans toute l’Amérique latine entre les années 30 et 50, Edith Piaf l’a rendu célèbre dans le monde entier avec la fameuse chanson "La Foule".

Ima Sumac

Son vrai nom était Zoila Augusta Emperatriz Chávarridel Castillo, descendante directe de l’Inca Atahualpa (le dernier empereur assassiné par les Espagnols en 1533). De grande renommée dans les années 50, elle était fameuse pour son registre vocal unique, pouvant passer 5 octaves, du soprano au baryton, elle était la seule à pouvoir imiter le gazouillis d’un oiseau. Ima Sumac, "quelle beauté" en quechua, est décédée en 2008 à Los Angeles.

Juan Diego Flórez

Ténor reconnu internationalement, il est l’un des meilleurs chanteurs d’opéra au monde, présenté comme son propre successeur par Luciano Pavarotti et considéré par Placido Domingo comme "le plus grand ténor léger de tous les temps".

Le Señor de Sipán
tombes

Située près de Chiclayo au nord du Pérou, la tombe du Señor de Sipán est considérée comme la plus importante d’Amérique et comparée à celle de Toutankhamon en Egypte grâce aux richesses qu’elle contient. Le Señor de Sipán était un roi Mochica et fut enterré en l’an 250 avec 8 autres personnes, 2 lamas, 1 chien, de nombreuses céramiques et plus de 400 objets et bijoux en or, argent, cuivre et pierres semi-précieuses.

L'ère du guano

L'histoire commence en 1845 avec le premier mandat du Président Ramón Castilla qui rétablit la stabilité politique dans le pays suite à 20 d'anarchie et la paralysie économique après l'indépendance.

 

Le guano, mot quechua qui décrit l'excrément des oiseaux de mer, est un fertilisant naturel riche en nitrogène et phosphore. La matière organique qu'il contient améliore la structure du sol et il est considéré comme le meilleur fertilisant naturel au monde.

fertilisant naturel

La côte pacifique péruvienne est la plus riche au monde pour sa faune marine grâce au courant froid de Humboldt qui remonte de l'Antarctique, favorisant le développement de plancton qui alimente les poissons, un paradis pour les oiseaux, les otaries, etc….

 

25 îles au large de Chincha et Paracas (200 km au sud de Lima), étaient recouvertes d'une couche de guano atteignant jusqu'à 70 mètres d'épaisseur et grâce à la forte demande de l'Amérique du nord et de l'Europe en plein essor dans le domaine agricole, commence pour le Pérou une période de grande prospérité économique qui durera 30 ans. La population des oiseaux à cette époque était estimée à 28 millions et il s'exportait 300.000 tonnes de guano par an. Aujourd'hui, à cause de la pêche intensive de l'anchoveta (poisson proche de l'anchois) pour préparer la farine de poisson (la deuxième ressource du pays), on comptabilise seulement 5 millions d'oiseaux et l'exportation de guano ne dépasse pas les 20.000 tonnes

Cette soudaine richesse mal gérée a seulement bénéficié à la capitale et le reste du pays a été totalement oublié. Même l'Espagne a voulu profiter du trésor en exigeant le "paiement de la dette de l'indépendance" et envahit les îles en 1864. Le Pérou déclare la guerre à l'Espagne et réussit à mettre en déroute la flotte espagnole.

Les gouvernements de l'époque n'ont pas profité de cette richesse pour investir dans l'industrie productive et le développement de l'éducation. Le pays importe alors tout ce dont il a besoin de l'Europe, ruinant sa propre production et sa faible industrie. Avec l'épuisement du guano, le Pérou se retrouve ruiné, trop faible pour affronter les Chiliens lors de la guerre du Pacifique en 1879 qu'elle va perdre avec son allié bolivien, devant se séparer de deux provinces au sud.

La fièvre du caoutchouc

Après la découverte de la vulcanisation par Charles Goodyear et du pneu par John Boyd Dunlop, commence en 1880 une ruée en Amazonie comparable à celle de l’or en Amérique du nord quelques années auparavant. Des aventuriers arrivent du monde entier pour extraire la sève (latex) de l’hévéa dans toute l’Amazonie.

arbre a caoutchouc

Iquitos au Pérou et Manaus au Brésil deviennent des villes incroyablement prospères où règne luxe et raffinement en pleine jungle. Mais ce sont aussi des terres sans foi ni loi où les indiens sont exploités, massacrés ou maltraités, réduits à l’esclavage et à la prostitution. Cette folie durera 35 ans. Entretemps les Anglais extraient illégalement des graines d’hévéas pour les planter en Indonésie, Ceylan et Afrique sub-saharienne, améliorant la rentabilité ce qui baissera les coûts de production et mettra fin au monopole sud-américain dans les années 1915. Le mot caoutchouc vient du quechua (langue des Incas) cao qui signifie "bois" et tchu "qui pleure". 

En 1915 commence le déclin des villes d’Amazonie retombant dans la pauvreté et l’isolement. Depuis les années 40 commence l’exploitation de pétrole et de bois qui reste aujourd’hui la principale source économique de l’Amazonie.

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